Le groupe Pechiney a joué un rôle majeur dans le développement industriel de la filière aluminium et chimique en France, notamment à Marseille (L’Estaque), Gardanne et Saint-Auban. Dès la fin du XIXe siècle, des recherches sont menées pour valoriser les résidus de bauxite. Au XXe siècle, l’innovation se poursuit avec le développement du procédé H+ visant à produire de l’alumine à partir de minerais alternatifs. Une usine pilote est installée à L’Estaque dans les années 1970, mais le projet est abandonné en 1982 faute de rentabilité et face à la concurrence internationale. Parallèlement, le site de Saint-Auban devient un pôle chimique et électrométallurgique important : production de chlore, aluminium, puis magnésium, ainsi que divers produits chimiques. L’usine connaît une forte activité mais aussi des difficultés : conditions de travail dures, accidents industriels majeurs (notamment en 1926 et 1970) et impacts des guerres. Pendant la Seconde Guerre mondiale, le site est impliqué dans la Résistance, avec des actions de sabotage pour ralentir la production destinée à l’occupant. Après-guerre, les coûts logistiques et les contraintes environnementales conduisent à une réorientation des activités. Au fil des décennies, l’usine change plusieurs fois de propriétaires (Rhône-Poulenc, Atofina…), jusqu’à intégrer le groupe Arkema en 2004. Aujourd’hui, la plupart des installations historiques ont disparu, laissant peu de traces visibles. Cette histoire illustre à la fois l’innovation industrielle, les mutations économiques et la mémoire d’un patrimoine industriel majeur en France.

