Profession – Les formations aux métiers de la Fonderie – Le Lycée Marie CURIE

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Les formations aux métiers de la Fonderie – Le Lycée Marie CURIE

 

Retour sur la visite de l’ATF :

A moins d’avoir à proximité une connaissance y travaillant, une usine ou encore un lycée proposant cette formation technique, nous ne découvrons généralement dans notre système éducatif actuel que tardivement ce corps de métier qu’est la fonderie !

Principalement poussé par une ambition débordante, certains lycéens (une minorité, restons honnêtes) questionnés sur leurs futures professions déclarent avec plus ou moins d’hésitation qu’ils voudraient devenir médecin, ingénieur aérospatial, avocat, dentiste, scientifique, mathématicien, et bien d’autres professions toutes aussi brillantes les unes que les autres, bifurquant selon les archétypes issus de leurs enfances. Le reste, non moins brillant, mais plus timide et hésitant sur leur devenir, ne savent quelle orientation prendre.

P1_Carte-Lycees    Les établissements de formation français

En 2021, huit Lycées préparent aux Métiers de la Fonderie

6 en formation BTS,

7 en Bac Pro,

1 en CAP Métiers d’art.

 

 

 

 

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Un peu d’histoire …

De l’Ecole Nationale Professionnelle de Creil au Lycée Marie CURIE

 

>>> A l’origine : L’usine Compagnie Générale d’Electricité de Creil

A Creil, sur un terrain situé rue des usines et de l’impasse de Gournay, dans la continuité des ateliers de l’entreprise de construction métallique Daydé-Pillé1, MM. Henri DAYDE et Auguste PILLé créent en 1898 l’usine Compagnie Générale d’Electricité de Creil.

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Plan des usines du quartier Gournay en 1898 – Phot.  Clarisse Lorieux

Usine-CGE

Vue générale de l’usine électrique au début du 20e siècle – Phot.  Clarisse Lorieux

On y fabrique des électro-aimants, des interrupteurs, des moteurs, des coupleurs, des perforatrices, des turbo-alternateurs. En 1906, la Compagnie Générale d’Electricité emploie 320 ouvriers et ouvrières dont 12 étrangers (2 allemands, un luxembourgeois, un russe, un anglais, trois belges, un italien et trois suisses).

L’usine exploite les brevets allemands « Siemens-Schuckert ».

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Papier à lettre à en-tête de l’usine électrique, 1904 – Phot.  Clarisse Lorieux

 

Pendant la Première Guerre mondiale, elle est placée sous séquestre et sera bombardée. On y produit du matériel militaire : des bombes de 240 ; des abouts de 75 ; des appareils pour la té – légraphie militaire, pour la TSF et des alternateurs de tranchées.

CGE-Vue-interieure

Vue intérieure de l’usine électrique, vers 1900 – Phot. Clarisse Lorieux

En 1917, l’usine emploie 276 français (202 hommes, 74 femmes) et 19 étrangers (15 belges, 1 italien, 3 suisses).

Au sortir de la guerre, la production sera faible jusqu’en 1929, année de fermeture de l’entreprise.

En 1919, Jules URHY qui est élu maire de Creil (1919-1936), forme le projet d’ouvrir une ENP, Ecoles Nationales Professionnelles, dans sa ville. « On ne créera la cité future qu’avec un peuple instruit » C’est en ces termes que s’exprimait Jules UHRY

La création de l’ENPG de Creil a été promulguée par la loi de finances du 27 décembre 1927.

En 1929, les locaux de l’usine Cie Gle d’Electricité sont achetés par l’Etat pour y aménager un lieu susceptible de recevoir une « Ecole Nationale Professionnelle de garçons » d’une capacité de 600 élèves. Les travaux débutent la même année.

 

>>> L’ENP de Creil – Le Lycée de Gournay

En application d’une loi du 11 Novembre 1880, sont décidées la création des ENP, Ecoles Nationales Professionnelles, de Vierzon, Armentières et Voiron. C’est Voiron qui voit ainsi s’ouvrir la première ENP de France, le 5 Octobre 1886.

Les ENP, destinées à cette époque à la formation du monde ouvrier, vont devenir par la suite des établissements qualifiant plutôt à la maîtrise ou préparant au concours des Ecoles Nationales d’Ingénieurs d’Arts et Métiers.

A Creil, les projets de réhabilitation de l’usine électrique sont confiés aux architectes Donat-Alfred AGACHE et Louis BOUDET avec comme objectif de réutiliser la plupart des bâtiments de l’usine, principalement les ateliers et les bâtiments situés le long de la rue de Gournay et de construire des extensions dans le même esprit afin de préserver l’esthétique du site.

Situé au n°10 de l’impasse de Gournay, l’ENP de garçons de Creil ouvre ses portes le 1er octobre 1932, la treizième sur les 21 ENP de garçons qui seront créées entre 1886 et 1960.

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Plan du rdc de l’Ecole Nationale Professionnelle de garçons de Creil (12 octobre 1931)

1 – ENTREE & CONCIERGERIE

2 – REFECTOIRE

3 – MENUISERIE

4 – FONDERIE

5 – AJUSTAGE – MACHINES OUTILS

6 – FORGE

7 – SALLE DE CONFERENCE

8 – CHAUFFERIE

9 – ESCALIERS

10 – INFIRMERIE

11 – COUR DE RECREATION

12 – COUR DE SERVICE

13 – JARDIN

14 – PREAU

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Vue aérienne du lycée Gournay en 1995. – Phot. Sanson Aviation

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L’escalier tour construit en 1932 par l’architecte Donat-Alfred Agache pour relier le bâtiment de l’internat avec celui de l’enseignement Phot.  Clarisse Lorieux

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1935 – Les ateliers d’électricité (les moteurs automobiles)

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1935 – L’atelier d’ajustage (section des tours)

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1935 – La salle de dessin

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1935 – L’atelier de fonderie – M. Lefevre, enseignant (au centre)

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TS2 Fonderie Année scolaire 1969

1er rang : Lionel Catoire, enseignant (1erD)

3e rang : Lionel Caux, élève (1erG) ; Roland Jemin, enseignant (3eG)

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TS2 Fonderie Année scolaire 1975

2e rang : Lionel Catoire, enseignant (4eD) et

François Mollet, élève (4eG)

Les enseignants de fonderie de l’ENP & du Lycée de Gournay :

BOURGUIGNON ; Lionel CATOIRE ; Lionel CAUX ; Jean-Pierre De SALVO ; GALLI ; Roland JEMIN ; Gilbert LEFEVRE ; Serge LIMOUSIN ; François MOLLET ; Sauveur PONZIO ; Pierre PUTIGNY ; Jean-Paul THEFFRY ; Gérard VITTE.

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TS1 Fonderie Année scolaire 1978

2e rang : Lionel Caux (1eG) et Serge Limousin (2eG), enseignants

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TS Fonderie Année scolaire 1985

Serge Limousin au centre

Dernière promotion TS formée au Lycée de Gournay

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L’entrée des ateliers

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L’entrée de l’ENP de Creil

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Détail du portail

L’ENP de Creil sera agrandi à plusieurs reprises dans les décennies qui suivent. En 1937 notamment, par la surélévation des bâtiments existants de l’ancien site industriel, suivant les plans de l’architecte André VENTRE. L’ENP sera bombardé en 1940 et 1944. Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, il est reconstruit à l’identique sous la direction de l’architecte André AUBERT.

En 1961, l’établissement devient LTE mixte, Lycée Technique d’État de Gournay. Il se destine désormais à la formation de techniciens, à la préparation aux écoles nationales d’ingénieur et aux épreuves du baccalauréat mathématique et technique. Et même si des extensions lui sont ajoutées, le Lycée de Gournay demeure confronté au problème récurrent de son exiguïté, au regard des grands besoins de formation technique supérieure sur le bassin creillois.

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Le lycée de Gournay sera néanmoins fermé en 1986 (54 ans après la création de l’ENP) au profit du Lycée d’enseignement général et technique voisin de Nogent-sur-Oise, le Lycée Marie Curie, construit à partir de 1978. A compter de l’ouverture du lycée en 1982, l’intégration des différents enseignements se déroulera jusqu’en 1985, date à laquelle l’ancien site de Gournay sera désaffecté des élèves et étudiants du lycée.

En 1987, le site de Gournay est vendu aux enchères par l’Education Nationale et devient la propriété de la société immobilière de lotissement industriel et artisanal de Creil. Plusieurs projets depuis ont essayé de s’implanter. Un temps Centre d’Affaire du Pont Y, le site a vu de nombreuses entreprises tenter de s’y installer, en vain. Suite à deux incendies, en 2017, puis en 2019, le site est fermé et devenu une friche industrielle.

 

>>> Le Lycée Marie CURIE de Nogent-sur-Oise

Le Lycée Marie Curie, par sa nature, son histoire et son environnement, est un établissement qui incarne la réussite et l’ouverture sociale et qui garde de son passé un esprit maison favorable à l’épanouissement de tous. Il a succédé à l’ENP de Creil, qui a laissé une empreinte forte dans l’histoire du bassin industriel local.

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Coulée à l’atelier de fonderie du Lycée Marie Curie – M. François Mollet enseignant

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Plan du Lycée Marie Curie (2021)

1 – ENTRÉE

2 – DIRECTION – ADMINISTRATION

3 – ENSEIGNEMENT GÉNÉRAL

4 – ENSEIGNEMENTS DE LABORATOIRE

5 – AMPHITHÉÂTRE – HISTOIRE – GÉOGRAPHIE – MATHÉMATIQUES

6 – ENSEIGNEMENT TECHNOLOGIQUE

7 – INTERNAT ÉLÈVES GARÇONS

8 – INTERNAT ÉLÈVES FILLES

9 – INTERNAT ÉTUDIANTS

10 – CDI

11 – RESTAURATION

12 – FOYER

13 – PÔLE SANTÉ SOCIAL

14 – GYMNASE

15 – STADE

16 – PARKING VOITURES

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Vue sur les bâtiments d’enseignement généraux (3), de laboratoires (4) et technologique (5)

Les enseignants de fonderie & de modelage du Lycée Marie Curie :

Alain BROUESSE ; Lionel CAUX ; Régis DISANT ; Vincent LACROIX ; Alexandre LEMOINE ; Serge LIMOUSIN ; François MOLLET ; Georges PERACHE ; Pascal POIZOT ; Sauveur PONZIO ; Jean-Paul THEFFRY ; Yannick TREMENEC ; Gérard VITTE

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Lycée Marie-Curie – TS Fonderie Année scolaire 1989

Les enseignants – 3e rang : Serge Limousin (1eG), François Mollet (2eD), Jean-Paul Theffry (1erD)  

2e rang : Lionel Caux (1erD)

Le lycée est ainsi héritier d’une grande tradition républicaine qui permettait à tous d’accéder aux formations de techniciens, ingénieurs et professeurs de l’enseignement technique. Aujourd’hui encore, le Lycée Marie Curie propose des formations variées, porteuses d’emplois et d’épanouissement culturel, dans des filières professionnelles, technologiques ou scientifiques

Yves LICCIA – ATF

Avril 2021

 

1   Daydé, ou Daydé & Pillé, est une ancienne entreprise française de constructions métalliques.

Fondée par Henri Daydé, cette entreprise a porté plusieurs noms : d’abord Ancien Ets LE BRUN, puis Daydé, puis Pillé & Daydé (1880), puis Daydé & Pillé (1882), puis finalement à nouveau Daydé (1903). L’entreprise a fusionné en 1964 au sein de la Compagnie Française d’Entreprises, devenue CFEM, et finalement intégrée dans Eiffel Constructions Métalliques.

>>> Sources :

 

 

 

  • ENP de Creil 1932 - 1961 / Détail du portail de l'entrée principale

 

 

 

 

  • Le cubilot

 

 

 

 

 

 

 

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