News – Journée Portes ouvertes au Lycée Henri BRISSON de Vierzon

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Journée Portes ouvertes au Lycée Henri BRISSON de Vierzon

Samedi 8 février 2020 de 9h00 à 16h00

25 avenue Henri Brisson

18100 Vierzon

 

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Formation Bac Pro Fondeur

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Formation BTS Fonderie

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Histoire du Lycée Henri BRISSON

 

LES ORIGINES

La question de créer des écoles d’apprentissage spécifiques commence à faire débat à partir de 1870 et Henri BRISSON, l’un des responsables politiques local et national marquant pour cette réalisation, déclare en 1877 que :

L’intégration dans l’enseignement « d’éléments raisonnés du commerce et de l’industrie » de même qu’une école professionnelle « serait admirablement placée à Vierzon ».
Henri BRISSON.

En effet, la position géographique de la ville en fait un point de croisement de deux voies ferrées très importantes et d’une voie fluviale :

  • Le POLT : Paris-Orléans-Limoges-Toulouse, inaugurés entre 1843 et 1864,
  • Le Lyon-Saincaize-Bourges-Nantes, inaugurés entre 1847 et 1861,
  • La proximité du Canal de Berry, construit entre 1808 et 1840.

Au 18ème siècle, Vierzon vivait du commerce et de l’artisanat et c’est le travail du fer qui marquera le début de son industrialisation. En 1779, le Comte d’Artois, futur Charles X, crée en bordure de l’Yèvre une forge avec fonderie et hauts fourneaux. Elle bénéficie du savoir-faire sidérurgique ancien du Berry et du minerai acheminé par le Cher et le canal de Berry.

VIERZON_FONDERIE

À partir de 1816, la présence d’argile réfractaire favorise la naissance d’une activité porcelainière. La tradition des arts du feu se perpétue avec la création de deux verreries en 1860 et 1874.

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VIERZON_TUILLERIE

Au 19ème siècle, l’agglomération de Vierzon est en pleine croissance démographique et compte environ 18 000 habitants qui s’emploient pour une grande partie dans ces industries naissantes.

L’objectif annoncée avec la mise en place d’Écoles Nationale Professionnelle est de préparer les enfants d‘ouvriers à l’entrée dans l’industrie ; du moins, c‘est ainsi qu’une alliance de circonstances entre syndicats ouvriers, syndicats patronaux, milieux politiques de droite et de gauche le conçoivent à l’époque.

Par ailleurs, la formation des jeunes passe alors par des formules d’apprentissage non codifiées. L’idée de créer une école manuelle d’apprentissage se veut à la fois une réponse à cette absence de cadre institutionnel, ainsi qu’une volonté de résoudre ce que l’on appelle alors la « crise de l’apprentissage ».

1881

Un projet de loi est examiné au Parlement dès 1880. Adopté en 1881, il débouche sur le décret du 9 juillet 1881, rendu sur proposition du ministère de l’Instruction publique et du ministère du Commerce et de l’Industrie, créant à Vierzon la première école nationale d’enseignement primaire supérieur et d’enseignement professionnel préparatoire à l’apprentissage. Cette école est destinée à servir de modèle aux futures Écoles Nationales Professionnelles (ENP).

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Le décret du 9 juillet 1881 entérine la création de la première école nationale primaire supérieure et professionnelle

 

1883

Le 3 mai 1883, Jules FERRY (1832-1893, Président du Conseil et Ministre de l’Instruction publique), Henri BRISSON (1835-1912, Président de la Chambre des Députés et Député du Cher) et Charles HURVOY (Maire de Vierzon) posent ensemble la première pierre de cette école. Le lieu choisi est situé 25, avenue Henri-Brisson et délimité par les rues Charles-Hurvoy, Casimir-Lecomte et le boulevard de la Liberté.

 

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Jules FERRY et Henri BRISSON

Cet événement rassemble une foule Vierzonnaise curieuse, écoutant avec attention le discours du fondateur de l’école, le républicain Henri BRISSON, ainsi que celui de Jules FERRY, ministre de l’Instruction publique.

Henri BRISSON, alors Conseiller Général de Vierzon et vice-président de la Chambre des Députés, rappelle que Vierzon a été choisie par l’État car elle est située non loin de la capitale et qu’elle rassemble des industries nombreuses et variées.

A l’aide de nombreuses métaphores militaires, Jules Ferry rappelle que le projet de l’école est d’assembler au sein d’un même enseignement, l’éducation générale (le savoir) et la pratique d’exercices techniques (le savoir-faire) à la place d’une formation sur le tas :

« Nous ne voulons pas créer à Vierzon une école professionnelle qui double ou qui copie les écoles d’Art et Métiers de Chalon, d’Aix, d’Angers. Non ces écoles ont un but déterminé : elle se proposent de former des contremaîtres, des sous-officiers pour l’armée du travail ; ici nous voulons préparer des soldats pour cette armé. »
Jules Ferry, discours lors de la pose de la première pierre de l’ENP Vierzon, 3 mai 1883.

Dans la suite de son discours, Jules FERRY, après avoir insisté sur la noblesse du travail manuel et sa nécessaire reconnaissance par la société, évoque la spécificité de l’enseignement dans cette école. Celui-ci sera professionnel sans spécialité et distribuera les principes généraux sur lesquels reposent toutes les industries.

Le projet est soutenue par la municipalité et le patronat industriel local comme Monsieur A. HACHE, directeur d’une grande fabrique de porcelaine. L’ensemble des personnalités qui soutiennent le projet sont conscients que la question de la formation des enfants aux métiers industriels est devenue indispensable et qu’elle favorisera la prospérité des entreprises.

Du fait de problèmes de financement et de coordination entre pouvoirs publies locaux et nationaux, l’école n’ouvrira ses portes qu’en octobre 1887. Il faut dire que l’ENP occupe un espace important et a nécessité l’extension de l’agglomération de Vierzon sur un nouveau quartier : elle occupe ainsi 40 000 m² pour former des élèves de 3 à 15 ans, c’est à dire de la maternelle à la troisième année de formation professionnelle, en passant par l’école primaire.

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Plan de l’ENP de Vierzon en 1887

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L’atelier de fonderie.

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L’atelier d’ajustage.

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L’atelier de forge.

 À partir de 1901, des concours sont mis en place pour l’entrée en première année.

 

1911

En 1911, l’ENP devient l’ENP Henri-Brisson. Le concours de 1911 montre que le lycée connaît rapidement le succès et acquiert une solide réputation car 520 garçons postulent au concours afin d’obtenir l’une des 100 places proposées par le lycée. Les sélections sont très sévères même au long de la formation : si un élève n’a pas la moyenne, il est obligé de partir. Les élèves étaient répartis en section normale (métiers de l’industrie) et section spéciale (préparation du concours). La durée normale de la formation était de quatre ans.

Le recrutement était effectué uniquement par concours, l’âge nécessaire pour avoir le droit de concourir se situait entre 12 et 15 ans et le niveau de recrutement était celui des cours supérieurs et complémentaires d’école primaire. Le concours ne comportait que des épreuves écrites, qui comprenaient :

  • une dictée de quinze lignes environ suivie de quelques questions de grammaire ;
  • une composition française sur un sujet simple ;
  • une page d’écriture (ronde, bâtarde, grosse, moyenne et fine cursive) ;
  • une composition d’arithmétique dans la limite du programme du cours supérieur des écoles primaires élémentaires ;
  • des questions sur l’histoire de France depuis 1610 jusqu’à 1914 et sur la géographie de la France et de ses colonies.

Pendant la Première Guerre mondiale, l’école est transformée en hôpital à cause de nombreux blessés, le service de santé militaire doit improviser. Pour cela de nombreux locaux scolaires sont réquisitionnés. L’école est l’hôpital le plus important du Cher, affecté aux blessés graves ; il fonctionne jusqu’à l’armistice de 1918.

 

Depuis 1918

En septembre 1939, l’ENP Henri-Brisson accueille environ 250 lycéens venant de l’ENP Diderot de Paris pour des raisons de sécurité (absence d’abris en cas de bombardement). L’ENP de Vierzon en recevra d’autres par la suite.

Dès le 21 juin 1940, les Allemands réquisitionnent une partie de l’école pour y installer leur hôpital militaire, le «Lazaret XIV B», et y imposent des conditions de vie difficiles : eau froide pour se doucher, peu de nourriture, couvre-feu, interdiction de rassemblement, etc.

Pour se divertir entre les cours, les élèves jouent au football, au rugby et à la pelote basque. Le Diplôme d’élève breveté (DEB) de 1944 sera remis sans examen, à partir des notes de l’année.

Le décret no 59 du 6 janvier 1959, présenté dans le cadre de la réforme de l’enseignement du ministre Jean Berthoin transforme l’École nationale professionnelle en lycée technique d’État, avec un proviseur à sa tête et des modifications importantes de structure : de nouveaux diplômes sont créés en remplacement des diplômes ENP : Baccalauréat technique, brevets de techniciens, brevets de techniciens supérieurs.

À la rentrée 2003-2004, le lycée change une nouvelle fois d’appellation pour devenir «Lycée technique régional Henri-Brisson».

En 2006, le lycée est labellisé «Lycée des Métiers de l’Industrie et des sciences appliquées».

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